Zéphira. Les pieds dans la poussière (2008) - Virginie Thirion
Par Grenier Neuf le , - Les créations - Lien permanent
Mise en scène : Leyla-Claire RABIH
Jeu : Elisabeth BARBAZIN, Marianne COSTA & Aurélie NAMUR
Avec les musiciens du groupe AMATTE et LE TIMTIMOL : Philippe GOZDALA, Jérémy JEAN BAPTISTE ADOLPHE, Amatte KA & Jérémy LAGOUTTE
Création lumière : Nicolas JARRY
Mouvement : Franciana FETY
Collaboration artistique : Philippe JOURNO
Direction technique : Yves BOUCHE
Equipe de production : Philippe ANGINOT & Céline MONNERET
Photographies : Vincent ARBELET
Après avoir eu vent du meurtre de ses enfants commis par une femme africaine sans papiers, Virginie Thirion a écrit en 2001 un récit à trois voix dans lequel elle reconstitue le parcours de cette Médée moderne. Zéphira est une jeune femme africaine, qui suivant les filières de l’immigration illégale, quitte son pays natal. Elle débarque en Europe, découvre un monde qu’elle ne soupçonne pas, porteur de promesses de réalisations comme de difficultés. Elle rencontre un homme qui lui apporte amour et enfants. Sans papiers, elle fait le ménage dans des bureaux et croit à une régularisation qui viendrait couronner son bonheur. Mais quand l’aimé s’éprend d’une autre femme et la quitte, c’est le monde de Zéphira qui s’écroule. Un juge accorde au père la garde exclusive des enfants. Sans papiers, elle n’a aucun droit… sauf celui de donner la vie, et de peut être la reprendre…
Voir le clip de ''Zéphira'' sur www.dailymotion.com
L’histoire de Zéphira est portée par trois voix, trois comédiennes dont les récits s’enchevêtrent, se divisent et s’unissent. De quoi s’agit-il ici ? D’une démultiplication du point de vue sur le récit ? Des aspects multiples d’une personnalité que le dénuement pousse au meurtre ? De trois voix de femmes qui prennent la parole pour celle qui en est privée ? Le texte de Virginie Thirion emprunte à tous les registres, tour à tour confidence, récit, constat, oratorio. Il a la légèreté des illusions de cette jeune africaine et l’amertume du désarroi d’une mère. Longtemps je me suis demandé si les comédiennes devaient être noires pour avoir le droit de porter cette parole. Il m’a ensuite semblé plus important d’entendre les voix d’âges différents et de prolonger la polyphonie du texte avec la présence de musiciens sur le plateau. Trois comédiennes, trois générations différentes, portent donc les espoirs et les blessures de Zéphira, pour porter aujourd’hui la question intemporelle de Médée : qu’est-ce que donner la vie ? Face au déni, a-t-on le droit de la reprendre ? Dans notre Europe devenue forteresse, réglementée par les directives d’harmonisation et l’impératif des quotas d’expulsions et de régularisations, que vaut une tragédie personnelle ? Une aspiration au bonheur ? Une déception amoureuse ? La construction de liens familiaux ? Le déchirement d’une séparation ? Quelle est la distance qui sépare le fait divers de la tragédie mythique ? Leyla Rabih
J'aime que l'on se raconte. J'aime faire que les gens se racontent. Me racontent. Tout le monde. N'importe où. Je suis toujours prête à un petit échange de politesses qui débouche sur une conversation de rien, comme ça, pour le plaisir de se dire que l'on peut encore se parler, sans se connaître, sans avoir peur de l'agression, sans attendre de l'autre plus que cet échange-là entre humains vivants. Et si ce qui m'est raconté m'intéresse moyennement, le « comment cela m'est raconté » me passionne à chaque fois. C'est la base de mon travail.
Virginie Thirion
Au Théâtre Dijon Bourgogne les 29, 30 & 31 octobre 2008



DOSSIER DE PRESSE A TELECHARGER EN ANNEXE