L'histoire
Un soir d’été, la chaleur peine à se dissiper. On étouffe et on ne sait où se mettre pour trouver un peu de fraicheur. Paul, un homme entre deux âges, rend visite à son père. Visite surprise, rare et banale à la fois. Les deux hommes parlent un peu, échangent quelques propos prudents sur la chaleur, l’été, les travaux à entreprendre, les souvenirs, la vie qui s’écoule…
La conversation peine à s’étoffer, l’attachement peine à pouvoir se dire. Deux hommes se parlent avec pudeur, deux générations s’approchent, s’évitent, cherchent une façon de parler d’eux-mêmes, de leur vie et du lien qui les relie.
Ce texte de Louis Calaferte est un délicat équilibre entre un réalisme presque banal et une théâtralité ténue.
Pas d’évènement majeur dans cette rencontre, juste une difficulté à se parler, d’aborder les différentes étapes de la vie, ainsi qu’une continuité de la solitude, à travers la différence de génération.

Mise en scène : Leyla-Claire Rabih
Jeu : Alain MERGNAT & Yves PRUNIER
Scénographie : Stefan OPPENLÄNDER
Création sonore : Anouschka TROCKER
Création lumière : Félix JOBARD
Costumes : Brigitte PILLOT
Décors & régie générale : Yves BOUCHE
Création graphique : François-Xavier DELARUE
Production & diffusion : Céline MONNERET
Nous adressons nos remerciements à l'Artdam & à la Compagnie l'Artifice.
Autres dates :
Lundi 21 décembre 2009 : quartier Greuze à Dijon. Représentation réservée au public du centre social du parc (infos : 03 80 67 64 92)
Mardi 22 décembre 2009 : maison d'arrêt à Dijon.
Les 29 janvier (14h00) & 30 janvier (20h30) 2010 au Trait d’Union Espace culturel François Mitterrand à Neufchâteau (88) – Réservations au 03 29 94 99 50
Le 26 novembre 2010 au Théâtre du Grain de Sel à Chalon-sur-Saône (71) – Réservations au 03 85 93 51 22
Dossier du spectacle
Mise en scène : Leyla-Claire RABIH
Jeu : Elisabeth BARBAZIN, Marianne COSTA & Aurélie NAMUR
Avec les musiciens du groupe
L’histoire de Zéphira est portée par trois voix, trois comédiennes dont les récits s’enchevêtrent, se divisent et s’unissent. De quoi s’agit-il ici ? D’une démultiplication du point de vue sur le récit ? Des aspects multiples d’une personnalité que le dénuement pousse au meurtre ? De trois voix de femmes qui prennent la parole pour celle qui en est privée ? Le texte de Virginie Thirion emprunte à tous les registres, tour à tour confidence, récit, constat, oratorio. Il a la légèreté des illusions de cette jeune africaine et l’amertume du désarroi d’une mère. Longtemps je me suis demandé si les comédiennes devaient être noires pour avoir le droit de porter cette parole. Il m’a ensuite semblé plus important d’entendre les voix d’âges différents et de prolonger la polyphonie du texte avec la présence de musiciens sur le plateau. Trois comédiennes, trois générations différentes, portent donc les espoirs et les blessures de Zéphira, pour porter aujourd’hui la question intemporelle de Médée : qu’est-ce que donner la vie ? Face au déni, a-t-on le droit de la reprendre ? Dans notre Europe devenue forteresse, réglementée par les directives d’harmonisation et l’impératif des quotas d’expulsions et de régularisations, que vaut une tragédie personnelle ? Une aspiration au bonheur ? Une déception amoureuse ? La construction de liens familiaux ? Le déchirement d’une séparation ? Quelle est la distance qui sépare le fait divers de la tragédie mythique ? Leyla Rabih
J'aime que l'on se raconte. J'aime faire que les gens se racontent. Me racontent. Tout le monde. N'importe où. Je suis toujours prête à un petit échange de politesses qui débouche sur une conversation de rien, comme ça, pour le plaisir de se dire que l'on peut encore se parler, sans se connaître, sans avoir peur de l'agression, sans attendre de l'autre plus que cet échange-là entre humains vivants. Et si ce qui m'est raconté m'intéresse moyennement, le « comment cela m'est raconté » me passionne à chaque fois. C'est la base de mon travail.
Virginie Thirion


